Black Widow

 

 

 

 

Je tressais des lignes de fuites, assise au bord du parapet.

Il y avait des sourires qui vacillaient entre mes ailes,

Entre mes lèvres,

Entre mes jambes…

 

Chaque jour, je touchais terre

Frôlais les hommes,

Glaçais les femmes…

Dévorant les mâles silhouettes du fond de mes yeux sans tain;

J'enveloppais leurs démarches et caressais leur force d'une absence spectrale.

J'étais là sans y être,

Envahissante et vide,

Imposante et limpide.

Mais j'étais là pourtant, affamée belliqueuse.

Convoitant un désir que je savais latent…

Je laissais sur ces corps, une écorchure noire ;

Leur promettant d'un œil la volupté ultime,

Et annihilant de l'autre tout espoir de salut.

Créer l'envie, ciseler le besoin…

Et puis l'escamoter juste avant le bonheur

Quand les mains, les regards me cherchaient sous la lune,

Je retournais là-haut, au bord du mur aveugle,

J'abandonnais au vent comme on crache d'un pont,

L'enfant mort-né difforme d'un amour apocryphe ;

Et me rinçais la dalle de leur désespoir fleuve

En regardant de loin,

Cynique et apaisée,

Les pantins trépasser…



15-01-2010 | 3482 vues

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Commentaires


ramses
le 16-01-2010 à 04:51:34
La fin est dure...
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