Lettre à Elle

Lettre à Elle
Sous ma peau de papier kraft, une lettre attend.
Jamais scellée, jamais ouverte, mon enveloppe patiente.
Le contenu importe peu, c’est un sale brouillon
Presque illisible.
Nuée de questions mortes, de raisons fades…
Souvenirs acides, regrets difformes.
Tout est là en paquets ;
En ratures noires et blanches,
Bleuies par le temps aveugle qui passe,
Sans me voir.
Un jour pourtant,
Un jour peut-être,
Je posterai cette lettre.
Je te l’enverrai à toi.
Toi qui, en ne m’aimant pas, en m’aimant mal,
M’a donné le trait noir de ma personnalité profonde.
Ces mots nés des maux.
Ce besoin de me raconter pour me comprendre…
Seule, puisque tu ne me répondais pas.
Ou dans cette langue de violence que je ne comprenais pas.
Toi qui en voulait à ta vie de ne pas être à la hauteur.
Toi qui m’en voulais d’avoir grandis en secret,
En toi.
Je t’ai volé un peu de ce qui me fait avancer maintenant,
Un peu de liberté,
Un supplément de vie tenace, entêtée, enragée.
Le feu a couvé la glace sans le savoir,
Le conflit était là avant même d’être né.
Etait-ce toi que tu voyais quand tu me tuais du regard ?
Est-ce moi que je tue quand je regarde le temps te soumettre ?
Aura-t-il seulement ta peau ?
Le chiendent a la vie dure dit-on…
Pourtant j’ai peur…
Peur que ces combats n’aient pas de fin.
Que quand l’une de nous disparaîtra, l’autre s’éteigne à son tour
Rongée de regrets,
Pétrie de remords…
Alors je reste assise sur la distance…
Ce bouclier qui me protège de mes propres sarcasmes
Et des tiens, incandescents…
Je referme encore une fois l’enveloppe.
Sans la cacheter.
Commentaires
librellule le 02/04/2008 à 23:58:43
Skizoophrène, je ne sais pas.
Mais on aimerait aussi trouver la couleur dans tes mots. Mes premiers écrits étaient noirs mais mal écrits. j'ai tout jeté. Un jour, je me suis dit, il faut que j'écrive autre chose que du noir, mais j'étais sortie du noir.
Peste, je te souhaite de trouver d'autres couleurs bientôt.Et de t'y sentir, dans la couleur.
je t'embrasse;
Librellule le 02/04/2008 à 23:13:38
Ma hantise,
Transmettre mon angoisse à mes filles,
Et...les rendres skizoophrène aussi peut-être ou parano, par mon comportement lunatique et parfois agressif.
On m'a prêté un bouquin qui s'appelle
"Retrouver son rôle de parent"
Collect. Parents d'aujourd'hui
de Gordon Neufeld et Docteur gabor Maté.
je ne l'ai pas terminé, mais il m'a aidé à remettre en peu plus en cause mon propre comportement. (Agressivité envers les miens)
Ben, c'est des psy qui l'ont écrit.
ils ont aussi de bonnes idées. (rires)
si ça peut aider quelqu'un, quelqu'une.
Ne rêvons pas non plus, hein! des parents parfaits! ça n'existe pas! des enfants parfaits non plus,
Et c'est tant mieux!
A une prochaine. Suis contente d'être passée.
valérie.
L'auteur le 02/04/2008 à 23:09:08
Tout ce que tu me dis là me touche.. Merci
viceversa le 02/04/2008 à 23:04:05
tu es skyzoophrène si j'ai bien compris?
Et bien, c'est aussi une richesse quand on écrit si bien.
J'ai discuté avec un garçon atteint de la même souffrance, Il m'a dit:
j'ai voulu comprendre pourquoi et j'ai guéri. Il vit à Limoges et a une amie. Je connais peu cette maladie, mais les rares skizoophrènes que j'ai rencontrés possédaient une intelligence et une lucidité rare, avec souvent des talents artistiques.
je me dis maintenant que j'en ai cotoyé sans le savoir, notamment en fac. Et que si tu es skizoophrène, moi, je suis parano-bipolaire, tendance maniaco-dépressif mais sans plus déprimer, ou je l'ai été, parce qu'on apprend à vivre avec nos blessures, nos maladies, nos faiblesses et nos forces, et qu'on ne sait jamais vraiment si on est guéri ou non. On l'est à partir du moment ou on opte pour la vie, la solidarité, l'humanité, enfin, c'est mon avis, m^me s'il reste simpliste.
C'est quand j'ai lu Freud que je me suis convaincue d'être folle, car je devenais tous les cas.
je n'ai jamais eu le sentiment d'être vraiment deux, En même temps, j'écrasais ma vraie personnalité pour la tuer...
Des personnes qui ne souffriraient de rien, plus j'avance dans la vie, et moins j'en connais.ça ne console pas bien sûr.On se demande parfois pourquoi "on en bave autant" alors que d'autres paraissent avoir une vie si facile!
bref! J'aime énormément tes textes et j'en comprends mieux la noirceur; et je trouve courageux de parler de ses faiblesses et de ses maladies. Quelquepart, c'est Marie-Jo, la fille de Simenon, enfin, ses écrits, qui m'ont sauvée, quand je ne voyais aucune issue à ma "folie", et que je n'avais nullement consciente que je souffrais d'angoisse. C'est pour ça que les mots sont importants, les échanges, l'amitié, virtuelle ou non finalement. C'est primordial.
Se dire, mais je ne suis pas la seule, mais nous somes légion et nous pouvons nous aider et en sortir.
Bon, j'espère que je n'ai pas dit trop de betises.
Bisous, Peste, et persévère. tu nous aides, toi aussi, à grandir...
L'auteur le 02/04/2008 à 22:49:00
Pfiou ! ça c'est du commentaire et je t'en remercie !
Je suis mère aussi, et les remises en questions dont tu parles ne peuvent qu'être salutaires selon moi. Et c'est surement de cela dont il est question dans tous mes textes sur ce thème. C'est sans doute l'ultime reproche que je pourrais faire à la mienne, de ne jamais s'être remise en question...
Comme dirait Forest Gump, c'est tout ce que j'ai à dire à propos de ça ;)
Merci à toi en tout cas viceversapseudotoujoursàrallonge :)
viceversalibreverset le 02/04/2008 à 22:31:46
Je découvre ton blog avec plaisir.
Les lettres aux mères, si c'est bien de cela qu'il s'agit, me font toujours réfléchir, et me touchent, en tant que fille et en tant que mère .
Tes textes montrent une grande souffrance.
En tant que fille, je m'y retrouve parfois.
En tant que mère,ça me stresse un peu.
Mes relations avec mes filles sont un peu trop conflictuelles à mon gout mais ça s'arrange. (remise en question perpétuelle, changement de méthode...)
Et si tu lui en envoyais une pour de bon? Sait-elle que tu écris, et que tu écris bien?
je ne veux pas les réponses bien sûr.
je m'aperçois que je n'arrive pas à parler de ma mère, moi. Comme si j'attendais qu'elle disparaisse tout en ne souhaitant pas sa disparition.
Si les humains sont compliqués!
Crache-tout!ça fait aussi de jolies fleurs.
Commentaires
librellule le 02/04/2008 à 23:58:43Skizoophrène, je ne sais pas.
Mais on aimerait aussi trouver la couleur dans tes mots. Mes premiers écrits étaient noirs mais mal écrits. j'ai tout jeté. Un jour, je me suis dit, il faut que j'écrive autre chose que du noir, mais j'étais sortie du noir.
Peste, je te souhaite de trouver d'autres couleurs bientôt.Et de t'y sentir, dans la couleur.
je t'embrasse;
Librellule le 02/04/2008 à 23:13:38
Ma hantise,
Transmettre mon angoisse à mes filles,
Et...les rendres skizoophrène aussi peut-être ou parano, par mon comportement lunatique et parfois agressif.
On m'a prêté un bouquin qui s'appelle
"Retrouver son rôle de parent"
Collect. Parents d'aujourd'hui
de Gordon Neufeld et Docteur gabor Maté.
je ne l'ai pas terminé, mais il m'a aidé à remettre en peu plus en cause mon propre comportement. (Agressivité envers les miens)
Ben, c'est des psy qui l'ont écrit.
ils ont aussi de bonnes idées. (rires)
si ça peut aider quelqu'un, quelqu'une.
Ne rêvons pas non plus, hein! des parents parfaits! ça n'existe pas! des enfants parfaits non plus,
Et c'est tant mieux!
A une prochaine. Suis contente d'être passée.
valérie.
L'auteur le 02/04/2008 à 23:09:08
Tout ce que tu me dis là me touche.. Merci
viceversa le 02/04/2008 à 23:04:05
tu es skyzoophrène si j'ai bien compris?
Et bien, c'est aussi une richesse quand on écrit si bien.
J'ai discuté avec un garçon atteint de la même souffrance, Il m'a dit:
j'ai voulu comprendre pourquoi et j'ai guéri. Il vit à Limoges et a une amie. Je connais peu cette maladie, mais les rares skizoophrènes que j'ai rencontrés possédaient une intelligence et une lucidité rare, avec souvent des talents artistiques.
je me dis maintenant que j'en ai cotoyé sans le savoir, notamment en fac. Et que si tu es skizoophrène, moi, je suis parano-bipolaire, tendance maniaco-dépressif mais sans plus déprimer, ou je l'ai été, parce qu'on apprend à vivre avec nos blessures, nos maladies, nos faiblesses et nos forces, et qu'on ne sait jamais vraiment si on est guéri ou non. On l'est à partir du moment ou on opte pour la vie, la solidarité, l'humanité, enfin, c'est mon avis, m^me s'il reste simpliste.
C'est quand j'ai lu Freud que je me suis convaincue d'être folle, car je devenais tous les cas.
je n'ai jamais eu le sentiment d'être vraiment deux, En même temps, j'écrasais ma vraie personnalité pour la tuer...
Des personnes qui ne souffriraient de rien, plus j'avance dans la vie, et moins j'en connais.ça ne console pas bien sûr.On se demande parfois pourquoi "on en bave autant" alors que d'autres paraissent avoir une vie si facile!
bref! J'aime énormément tes textes et j'en comprends mieux la noirceur; et je trouve courageux de parler de ses faiblesses et de ses maladies. Quelquepart, c'est Marie-Jo, la fille de Simenon, enfin, ses écrits, qui m'ont sauvée, quand je ne voyais aucune issue à ma "folie", et que je n'avais nullement consciente que je souffrais d'angoisse. C'est pour ça que les mots sont importants, les échanges, l'amitié, virtuelle ou non finalement. C'est primordial.
Se dire, mais je ne suis pas la seule, mais nous somes légion et nous pouvons nous aider et en sortir.
Bon, j'espère que je n'ai pas dit trop de betises.
Bisous, Peste, et persévère. tu nous aides, toi aussi, à grandir...
L'auteur le 02/04/2008 à 22:49:00
Pfiou ! ça c'est du commentaire et je t'en remercie !
Je suis mère aussi, et les remises en questions dont tu parles ne peuvent qu'être salutaires selon moi. Et c'est surement de cela dont il est question dans tous mes textes sur ce thème. C'est sans doute l'ultime reproche que je pourrais faire à la mienne, de ne jamais s'être remise en question...
Comme dirait Forest Gump, c'est tout ce que j'ai à dire à propos de ça ;)
Merci à toi en tout cas viceversapseudotoujoursàrallonge :)
viceversalibreverset le 02/04/2008 à 22:31:46
Je découvre ton blog avec plaisir.
Les lettres aux mères, si c'est bien de cela qu'il s'agit, me font toujours réfléchir, et me touchent, en tant que fille et en tant que mère .
Tes textes montrent une grande souffrance.
En tant que fille, je m'y retrouve parfois.
En tant que mère,ça me stresse un peu.
Mes relations avec mes filles sont un peu trop conflictuelles à mon gout mais ça s'arrange. (remise en question perpétuelle, changement de méthode...)
Et si tu lui en envoyais une pour de bon? Sait-elle que tu écris, et que tu écris bien?
je ne veux pas les réponses bien sûr.
je m'aperçois que je n'arrive pas à parler de ma mère, moi. Comme si j'attendais qu'elle disparaisse tout en ne souhaitant pas sa disparition.
Si les humains sont compliqués!
Crache-tout!ça fait aussi de jolies fleurs.