Bredouille
Bredouille
Aux pieds dansants de l'océan,
Je dévide le fil de mes erreurs…
Je déroule des kilomètres heures de pente savonneuse ;
Je tourne le dos au monde qui attend dans l'antichambre du futur,
Cabocharde romantique…
Demain et ses bluettes de soleil me tétanise,
Me statufie…
Cariatide d'Albâtre aux escarpins de verre,
Je supporte seule le poids de mes espoirs.
Sans voir que je m'enfonce en ces sables silencieux…
Myriades de raisons cartésiennes,
Nuées de point de rupture qui engloutissent le rêve.
Les sens scientifiquement éprouvés s'effacent…
Je perds la vue qui éclaire,
L'ouie qui berce,
Le toucher qui envoûte,
Le goût qui apaise
Et l'odorat qui se souvient…
Alors je jette dans les rouleaux mes filets de faiblesse cachée…
Dans l'attente d'y prendre de nouvelles intuitions,
De nouvelles passions,
D'autres essences.
Evanescentes…
Les muscles en feu, les mains en sang,
Je tire sur ces filets de soie barbelée ;
Face au vide, je les plombe davantage et les rejette au loin !
Les vagues les absorbent dans leur vacarme insolent,
L'impatience qui électrise mes veines fait le reste, reproduit le geste…
Plantée au ventre du ressac qui rougit,
Je ramène ce piège vide que j'ai tissé d'angoisse.
Ce piège vide…


Commentaires
MissY le 20/05/2009 à 12:38:48Une splendeur ! En te lisant, j'entends le bruit de la vague qui se fracasse sur la grève avant de se retirer emportant tous les maux dans sa boucle sableuse écumant de reflets et de paillettes couleur mica ou quartz.
L'auteur le 16/04/2008 à 20:02:17
On va y penser... Il est vrai que j'aime entendre des voix qui se racontent sur la musique... Merci de me mettre encore un truc de plus en tête Romane, ça manquait !
Romane le 16/04/2008 à 19:50:54
Je suis en train de me dire que mieux qu'un recueil, c'est des CD qu'il faut sortir, avec tes mots. Depuis le temps que je les entends, tour à tour tendres/violents, depuis le temps que la musique derrière eux me taraude... faudra bien y songer, non. Non ?