Dernière lueur avant l'oubli

Dernière lueur avant l’oubli.

 

 

 

Pas encore froid

Ce corps…

Le mien.

Tiède comme au petit matin,

Au sortir des nuits sans heurts.

Ces nuits sans sueur, sans rêves.

Sans chahut organique,

Orgasmique.

Ces chapes de sommeil où l’on s’oublie…

Où l’on meurt,

Pour un temps.

 

La terre est froide, elle.

Granuleuse,

Collante,

Envahissante.

 

Et ce bruit indécent

Cette pelle qui creuse ma tombe.

Ce crépitement du sol

Sous mon corps que l’on traîne ;

Et cet affaissement sourd,

Cette issue devinée.

Une main sale et tremblante se tend vers mon visage.

Du bout des doigts écarte une mèche,

Esquisse une caresse…

Puis retourne au labeur de l’assassin en fuite.

La pelle remblaye, recouvre, efface…

 

J’ignorais qu’une nuit

Sans lune ni étoile,

Puisse être si lumineuse

Avant d’avoir connu

 

Celle de l’oubli.



Article ajouté le 2008-05-08 , consulté 2 fois

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